Lundi 9 juin 2008
Voilà étant donné que je tends à éprouver une antipathie notable pour ma production graphique actuelle, j'ai décidé de me diversifier un peu et
de tenter le coup de l'écriture histoire de changer un peu d'air... Ce qui ne veut pas dire que j'arrête de dessiner mais simplement que je tente de m'ouvrir un peu à autre chose... Sans garantir
bien sûr que ce soit avec beaucoup de talent mais c'est à vous de juger...
Voici donc un premier essai textuel pour ce blog...
Agnus.
Tandis que la lune translucide se détache sur le voile d'obscurité, le sang se rue hors des veines béantes de l'agneau abandonné. Sacrifice vain que déjà le lierre recouvre peu à peu... Pâle lueur maculée au bord d'une rivière silencieuse, le petit corps inerte s'enfonce au rythme des battements de la brise nocturne, sous les racines des chênes gris.
Protégé par le tendre lierre, le petit être à la chaleur enfuie disparaît; et le sang devient sève, et le sang devient sève sous l'écorce des chênes gris. Et, alors que les bris de glace reflètent le ciel vide sur le sol, seul le paisible lierre écoute le son des âmes enfuies dans la chair des rochers, dans le souffle immobile de l'air.
Ô sommeil, gagne donc les âmes meurtries; ramène-les le temps d'un oubli au foyer quitté. Les agneaux meurent et seul le doux lierre entend leur sang vibrer dans le tronc des chênes gris... Chemin tapissé sur le blanc coton, l'égarement guide les âmes creuses à travers la forêt profonde vers le foyer trop longtemps quitté. Et le pourpre du coeur devient sève...
Voici donc un premier essai textuel pour ce blog...
Agnus.
Tandis que la lune translucide se détache sur le voile d'obscurité, le sang se rue hors des veines béantes de l'agneau abandonné. Sacrifice vain que déjà le lierre recouvre peu à peu... Pâle lueur maculée au bord d'une rivière silencieuse, le petit corps inerte s'enfonce au rythme des battements de la brise nocturne, sous les racines des chênes gris.
Protégé par le tendre lierre, le petit être à la chaleur enfuie disparaît; et le sang devient sève, et le sang devient sève sous l'écorce des chênes gris. Et, alors que les bris de glace reflètent le ciel vide sur le sol, seul le paisible lierre écoute le son des âmes enfuies dans la chair des rochers, dans le souffle immobile de l'air.
Ô sommeil, gagne donc les âmes meurtries; ramène-les le temps d'un oubli au foyer quitté. Les agneaux meurent et seul le doux lierre entend leur sang vibrer dans le tronc des chênes gris... Chemin tapissé sur le blanc coton, l'égarement guide les âmes creuses à travers la forêt profonde vers le foyer trop longtemps quitté. Et le pourpre du coeur devient sève...