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Mercredi 2 juillet 2008

Sans doute existe-t-il bien des manières de mourir... Probablement cela dépend-il du moment où on meurt, de l'endroit où on meurt... de pourquoi on meurt. Ceci étant dit, je vais essayer de vous raconter la manière dont je suis mort.

C'est difficile d'en parler, de le raconter avec des mots. Je pourrais dire les choses ainsi: ce que les mots peuvent dire de l'âme humaine est similaire à ce que les ondulations à la surface d'un océan révèlent sur ses profondeurs.
D'autre part, minimes et altérées sont les bribes des souvenirs que le conscient conserve face aux choses que vit le subconscient...

Aussi, je ne saurais dire si la mort est venue rapidement ou lentement... Je me souviens que cela commence dans l'obscurité, des esprits menaçants semblent se rassembler... Des fantômes m'entourent, certains semblent me connaître, et je finis par chuter, chuter jusque dans les profondeurs, emporté par un tourbillon gigantesque de feu et de sang qui semble mener tout droit vers l'enfer. Je suis dévoré par la peur. Tout autour de moi se massent des sentiments de haine, de colère, de ressentiment, d'envie...
Je ne me souviens plus comment se fait la transition mais finalement je reviens à moi... A quel moment ai-je compris que j'étais face à la mort ? Je l'ignore. C'est effrayant. Je suis submergé par une énergie intense tout autour de moi, tout semble en mouvement et en même temps, c'est comme si l'air s'était figé quelques mètres au-dessus du sol. J'ai à la fois l'impression d'être totalement isolé et en même temps, plongé au coeur de tout ce qui m'entoure.

Je suis terrifié. Il y a beaucoup de bruit, comme le bruit d'un vent très fort à moins que ce ne soit le bruit d'une mer, et en même temps c'est très calme. Progressivement, mon esprit commence à abandonner mon corps... en commençant par les pieds, un peu comme un habit qu'on retirerait. Pour finir, il n'y a plus que ma tête, le haut de mon esprit et je m'enfonce à l'intérieur, comme dans une vaste coquille vide et en même temps j'ai l'impression d'être ailleurs.

Pourtant, il y a comme un fil qui semble me rattacher à mon corps, un lien... L'air qui me traverse, mon souffle semblent s'être solidifiés comme une corde tangible qui me relie à ma poitrine. Ce ne sont ni mon coeur, ni mon cerveau, ni le sang dans mes veines qui me rattachent à la vie mais bien ma respiration. Je la ressens plus fort que jamais, de manière profondément organique et en même temps, presque de loin, de l'extérieur.

Au fur et à mesure, j'ai l'impression de m'élever, bien haut des profondeurs abyssales de ma chute. Et au fur et à mesure que je m'élève, la peur s'estompe... Elle ne disparaît pas totalement mais une sorte de sérénité et d'apaisement se répandent petit à petit. Au-dessus de moi se forme comme un immense cylindre, un gigantesque couloir de lumière ciruclaire et vertical. Je le ressens plus que je ne le vois vraiment car je continue à me laisser porter mais n'ose pas encore lever les yeux... Pourtant, je peux le voir, même si les yeux de mon esprit ne sont pas braqués dans sa direction... Sont-ils orientés dans une quelconque direction d'ailleurs ? Je le vois -ou le ressens- de manière encore un peu floue. Les parois de ce couloir semblent être constituées de nuages et de lumière. Il me semble être en mouvement et il y a beaucoup de gens... Peut-être des anges ? peut-être des humains ? ou bien les deux ? J'ai l'impression que certains m'attendent...

Mes souvenirs s'arrêtent là, je reviens finalement à mon corps.

Depuis je continue à vivre comme une demi-vie, dans un monde de fer et de béton auquel j'ai le sentiment de ne pas appartenir. Les gens autour semblent n'être que des ombres furtives et floues, à peine vivantes. Les repères instaurés par la société, par ses moeurs me semblent tous vides ou absurdes. J'essaie de m'adapter mais je doute en permanence et continue à croire que la vérité et le sens sont au-delà.
J'aspire à ce que le sang en moi devienne sève qui nourrit la terre et les arbres; que de tiède et fade, il devienne brûlant et dense; j'aspire à vivre pleinement, hors d'une semi-vie d'hypocrisie, de futilités, d'inepties...
Il y a tant à faire de cette vie, tant de choix à faire et le plus petit grain de sable compte. A force de vivre de compromis, de vivre à moitié... -que dis-je à moitié ?- au dixième, au centième... je perds confiance, je me décourage et je me vautre dans la honte et la médiocrité.

Je ne suis pas encore moi-même et je continue d'aspirer à le devenir.
par Vivien SCALBERT publié dans : Ecrits
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Jeudi 26 juin 2008

par Vivien SCALBERT publié dans : Humour
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Mercredi 25 juin 2008


Cette image mélange crayon de couleur, stylo bille, feutre, aquarelle... Elle symbolise l'enfermement dans l'univers virtuel mais aussi dans l'univers froid, aseptisé, déshumanisé de la société moderne...
On aperçoit des silhouettes dans le fond qui représentent les gens que l'on côtoie de manière tellement superficielle, que ce soit à travers un écran ou dans la vie quotidienne... Les gens sont en quelque sorte des fantômes, les uns pour les autres, chacun enfermé dans son monde qui reste irrémédiablement cloisonné de l'extérieur.
par Vivien SCALBERT publié dans : Dessins
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Lundi 16 juin 2008

Ez3kiel est un groupe electro français, formé en 1993, assez orienté dub et trip-hop mais touchant à bien des genres. A l'occasion de la sortie de leur dernier (et superbe) album, "Battlefields",  j'ai pu rencontrer Yann Nguema et Joan Guillon lors de leur passage en concert au Rockstore de Montpellier le 10 avril 2008.




Yann Nguema (à gauche) et Joan Guillon (à droite)
Pour commencer, on va parler de "Battlefields", puisqu'il s'agit du dernier album... Pourquoi ce nom ?

Joan: En fait ce nom est venu une fois que l'album a été fini. On s'est rendus compte que c'était un album assez sombre, on a cherché plusieurs propositions, et dans le texte de Blurum sur l'un des morceaux où on l'a invité, il parle de "battlefield". Mais plus dans le sens du plateau d'échecs. On aimait bien la consonance du nom et ce qu'il représentait... Après la guerre, tout ce qui s'est passé... Et puis on s'est dit que ça collait bien à l'actualité, il y a des champs de bataille un peu partout même si ce n'est pas forcément la guerre avec des armes...

C'est vrai que c'est un album assez sombre. Beaucoup de monde le considère comme plus 'dark' que les précédents...

Oui ça je sais pas trop pourquoi... Les précédents étaient pas vraiment super gais non plus...

J'ai été assez marqué par la pochette de l'album, en particulier celle de la version vinyle qui est vraiment très belle et riche en éléments... Qu'est-ce que ça représente par rapport à l'album ?

Yann: En fait la pochette du vinyle, c'est ce qui devait en premier lieu être la pochette du CD, mais tout ce visuel réuni sur carré de 12x12, c'était pas possible ! Donc j'ai isolé un élément: le corbeau, et j'ai refait un corbeau pour le CD. Et donc le "Battlefields", c'est un peu la bataille entre tous les éléments, le froid, le chaud, la violence, la douceur... C'est comme une sorte de magma où il y a tout et ce tout est mis en scène dans un théâtre...

Peut-on considérer que l'univers de la pochette représente l'album entier tellement elle est riche en éléments ?

A mon sens, oui ! Pour "Battlefields" je ne voyais pas le côté guerrier qui est le premier truc qui vient à l'esprit. Je voyais cette rencontre dans un théâtre entre le chaud et le froid... D'ailleurs, c'est en fait une très grande image et la pochette du vinyle est seulement une parcelle de cette grande image. On a une partie gelée et une partie en feu avec au centre le paquebot échoué, avec la végétation et plein d'éléments qui viennent se retrouver.

C'est vrai que ça créée un contraste avec le titre dont la première idée qui est suggérée est celle d'une guerre...                                                                              

C'était pour offrir une seconde lecture, ne pas prendre le titre au pied de la lettre.

Que peut-on attendre d'un concert de la tournée Battlefields ?

Joan: Eh bien... comme une tournée d'un groupe qui défend son album ! Sachant qu'on fait des morceaux de "Battlefields" mais aussi de "Handle With Care", de "Barb4ry" et de "Naphtaline". On a essayé de regrouper un peu tout ce qu'on a fait depuis le départ... Il y a aussi un quatrième musicien maintenant qui s'appelle Steph et qui a participé à l'écriture de l'album, donc ça apporte autre chose également. Il est batteur et il joue du vibraphone aussi. Et au niveau des images, on reprend sur scène le procédé du logiciel qu'a créé Yann pour le CD-rom de "Naphtaline" et qui agit sur les images par le biais du language MIDI. Par ailleurs on a eu moins de mal à adapter les nouveaux morceaux en live car ils ont été plus créés dans l'optique d'être joués en concert alors qu'avant on ne s'en souciait pas trop et il y avait un gros travail pour la mise en scène des morceaux...

Avez-vous de dates prévues à l'étranger ?

Un peu en Suisse et en Belgique... Et puis peut-être d'autres à la fin de l'année, mais il n'y a rien de décidé pour le moment...

Quel est le morceau que vous préférez sur l'album ?

Yann: Moi ça change toutes les semaines, il y a des morceaux que je préfère écouter, d'autres que je préfère jouer... Mais je ne me suis jamais vraiment posé la question... Je serais incapable de dire exactement parce qu'en même temps, les morceaux on les fait, on les écoute pas (rires) ! Et même en écoutant l'album ce serait encore différent parce qu'on les joue différemment sur scène et qu'on est habitués aux versions qu'on joue en concert et qui s'éloignent un peu, parfois beaucoup, de l'album... A choisir... moi j'aime bien "The Wedding"...

C'est vrai qu'en plus vous jouez les titres en instrumental...

La plupart du temps, oui. Mais généralement, les titres où il y a des voix, on n'en joue qu'un car on sait que quand on invite quelqu'un sur l'album, on ne pourra probablement jamais jouer le morceau sur scène car on ne pourra pas inviter le chanteur à chaque date... Après, nous on s'habitue lorsqu'on joue un morceau en instrumental, on oublie qu'à la base il y a du chant mais c'est le public qui est habitué à la version CD qui perd un peu ses repères en concert, qui attend un chanteur qui n'arrive pas...

Quel est le processus de composition d'un morceau dans Ez3kiel ?

Joan: Il n'y a pas vraiment de règles... Des fois, il y a des morceaux qui sortent en quatre heures et des fois ça prend des mois... En fait, généralement ça vient d'une personne et avec les ordinateurs on peut se passer les fichiers donc ensuite il y a quelqu'un d'autre qui se greffe qui fait une partie, ça va durer deux mois et celui qui est l'origine reprend... On se passe beaucoup les morceaux. Et des fois, il y a des morceaux qui sont faits, on n'a pas besoin de les toucher.

Pour celui-là, il y a des boucles qui ont été faites sur ordi et qu'on a essayé de jouer avec différents instruments... Mais il n'y a pas vraiment de règle sauf que généralement, ça part d'un travail personnel sur une machine.

 

L'aspect visuel est très important dans Ez3kiel, que ce soit au niveau des pochettes, des concerts, du site internet... Comment interagissent les éléments musicaux et visuels dans le travail du groupe ?

Yann: Ça fait très longtemps qu'on travaille ensemble et qu'on fait ça et très souvent la musique est faite en amont. A la base, on peut écrire une musique sans avoir d'images dessus mais il faut qu'elle ait une base assez cinématographique pour qu'on puisse avoir des images qui viennent en l'écoutant. Donc si ça marche, il y a déjà la moitié du travail qui est faite, il suffit de développer l'ambiance musicale avec des images. Ça se fait relativement vite, à la queue leu leu, musique puis images, puis on met les deux ensembles, on le met sur scène et on joue !

Au niveau des influences, quels sont les groupes qui vous ont particulièrement inspirés ou marqués ?

Joan: Il y a Pink Floyd... Après c'est assez personnel, pour chacun; on vient tous d'univers musicaux différents. Mais pour cet album je dirais Pink Floyd et des groupes comme Mogwaï, Isis, Neurosis... Des choses assez lourdes et assez mélodiques en fait ! Et puis, la musique répétitive contemporaine: Steve Reich, John Adams... On s'est aussi intéressés aux orchestres de cuivres, par exemple un compositeur, je sais plus de quelle nationalité il est mais il a composé de longues pièces seulement avec des cuivres et c'est des trucs qui bastonnent !

C'est vrai qu'on sent qu'il y a beaucoup d'éléments musicaux qui se juxtaposent...

Eh bien, on écoute beaucoup de styles différents ! On essaie d'aller voir un peu partout ce qui se fait...

Vous aviez organisé une expo il y a quelques temps... Comment est venu le projet, le concept ? Quel était le contenu ?

Yann: En fait, ce n'étaient pas nous qui l'avions organisée mais une assoce d'ici qui s'appelle 100% en association avec Kawenga. C'était dans un truc d'art contemporain, une ancienne pharmacie, La Panacée. Et on a fait un DVD-rom il y a un peu plus d'une année, constitué d'un album et d'un DVD-rom avec plein de tableaux musicaux, et suite à cet album on a décidé de ne pas faire de live mais de faire des installations pour présenter les images et la musique ! Donc les installations, ce sont des objets qui reprennent le principe des tableaux du DVD-rom mais en réel ! Par exemple, il y a une ancienne machine à coudre avec un écran plat et quand on active le pédalier on fait bouger des boîtes à musique... Il y a un vélo avec lequel on se balade dans un univers sonore... On a fait cette installation ici et dans plusieurs autres villes... On a pas eu trop le temps de développer ça étant donné qu'on tourne depuis trois mois et que c'était la priorité mais à long voire à moyen terme, en parallèle des concerts d'Ez3kiel on va essayer de faire des installations histoire de changer de scène, d'appréhender d'autres milieu... Mais il faut plus voir ça comme des expositions interactives.

Et vous comptez faire d'autres expos comme celle-là ?

Oui on en fait régulièrement ! C'est pas la priorité donc là, on ne peut pas trop développer et communiquer sur ce truc-là mais dès qu'on le pourra, on le fera !

C'est une question pour toi, Joan: tu as fait une collaboration avec un groupe qui s'appelle Onze h30. Sur un morceau qui s'appelle "Le Paillasse". Comment ça a été amené à se faire cette collaboration ?

Joan: Eh bien, Nathan qui est à l'origine de Onze H30, c'est un très bon ami, on fait souvent de la zik ensemble et il m'a proposé de participer sur ce projet-là !

Et c'est toi qui as écrit les arrangements électroniques du morceau...

Moi j'ai fait les batteries sur ce morceau-là ! C'est un très bon album d'ailleurs...

C'est vrai, pour un premier album c'est excellent, je pense qu'il y a vraiment du potentiel !

Là, d'ailleurs ils commencent à faire des concerts ! Ça se passe bien...

Il y aura d'autres collaborations entre les deux groupes?                                                    

Pourquoi pas ? Pour le moment, on n'est pas là-dessus mais pourquoi pas ? En fait, ce sont des gens qu'on connaît... C'est un groupe qui regroupe des icônes de plusieurs groupes ! Par exemple, Nathan joue dans un groupe qui s'appelle les Traîne-Savates qui va sortir bientôt un nouvel album... Il y a des musiciens qui viennent d'un collectif qui s'appelle La Saugrenue, sur Tours... Il y a pas mal de petits groupes de différentes villes qui se rejoignent pour reformer d'autres entités...            

Quels sont les trois derniers disques que vous avez achetés et les trois prochains que vous aimeriez acheter ?

Moi j'ai acheté le dernier album de Dub Trio et puis deux albums de Nick Drake que j'avais perdus... Les trois prochains je sais pas encore (rires).
Yann: Moi c'est de la musique de film ! "The Fountain", les Gustavo Santaolalla... C'est la musique de "21 Grammes" et de "Babel". C'est à voir et la musique est magnifique ! Après les trois prochains, je ne sais pas trop... J'achète surtout de la musique de film... En fait j'achète très peu de CD, surtout des DVD !

En parlant de DVD, est-ce qu'il y aura un DVD pour la tournée Battlefields ?

Je ne sais pas encore... Si on se lance là-dedans... vers la fin de l'année peut-être ? Là on a fait tout très vite si bien qu'il y a des choses qu'on a envie de changer, de modifier ou d'ajouter ce qui fait qu'on va pas se lancer dans l'enregistrement de quoi que ce soit avant que tout soit au point !

Un mot de la fin ?

Joan: Il commence à faire beau dehors... (rires)


Interview et photographies réalisées le 10/04/2008 pour le webzine Antithetik
Live report et photos supplémentaires disponibles sur la page de l'interview.
Les pochettes de "Battlefields" et "Onze h30" sont la propriété respective de Jarring Effect et Prikosnovénie.



par Vivien SCALBERT publié dans : Musique
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Dimanche 15 juin 2008
Dans cette section je parlerai de personnages de BD que j'aime bien (redessinés par mes soins) mais sans les nommer... Mais je suppose que vous les reconnaîtrez facilement...


Bon je pense que pour celui-çi vous n'aurez guère de mal...
Voilà, étant assez bon public sur certains plans, j'aime bien les personnages qui incarnent des valeurs positives... J'apprécie la gentillesse, la spontanéïté et l'innocence parfois très drôle de ce personnage ! Je le trouve vraiment très attachant !
par Vivien SCALBERT publié dans : Who's that character ?
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